Histoire du Parc du Cinquantenaire : 5 secrets d’architecture à découvrir à Bruxelles
Vous préparez votre séjour dans la capitale belge ? Pour vous donner un avant-goût des merveilles qui vous attendent, laissez-nous vous emmener au cœur de l'un des espaces les plus grandioses de la ville. Avec ses perspectives spectaculaires, ses jardins élégants et ses palais néo-classiques, le Parc du Cinquantenaire (ou Jubelpark pour les Bruxellois) est le véritable poumon vert et culturel de la capitale.
Mais sous ses allures de parc tranquille se cachent des anecdotes rocambolesques, des rivalités d'artistes et des trésors insoupçonnés. Que vous soyez passionné d'histoire ou simple curieux, chaque monument du parc raconte un chapitre de la mémoire de la ville.

Léopold II, le "Roi Bâtisseur" de Bruxelles
Pour comprendre le gigantisme du Cinquantenaire, il faut remonter à la fin du XIXe siècle. Le roi Léopold II règne sur la Belgique et nourrit une ambition débordante : transformer Bruxelles en une capitale impériale capable de rivaliser avec Paris ou Londres. Il veut de grandes perspectives, des parcs immenses et des monuments qui impressionnent les visiteurs. C’est ainsi qu’il jette son dévol sur le plateau de Linthout, une zone alors sablonneuse à la lisière de la ville, pour y ériger ce grand parc public et ce complexe monumental hors norme.
Le jubilé de 1880 : Célébrer l'indépendance de la Belgique
L’occasion rêvée de concrétiser ce rêve se présente avec le cinquantième anniversaire de l’indépendance de la Belgique, prévu pour 1880. Léopold II confie à l'architecte Gédéon Bordiau la tâche de dessiner un immense palais d'exposition entouré d'un parc de 30 hectares. C'est le début d'un chantier titanesque. Cet espace vert accueillera successivement l'Exposition nationale de 1880 puis la prestigieuse Exposition universelle de 1897, marquant l'âge d'or industriel et l'essor de l'art en Belgique. L'histoire du parc commence ici, liant à jamais la nature à l'architecture monumentale.
Comment s'y rendre ?
Descendez à l'arrêt numéro 5 sur la ligne bleue
Les 5 secrets d’architecture du Parc du Cinquantenaire
Secret 1 : L'Arc de Triomphe qui faillit ne jamais voir le jour
C'est le symbole du parc, et pourtant, il a bien failli rester à l'état de projet. Pour l'inauguration de 1880, Gédéon Bordiau conçoit un arc de triomphe monumental à trois arches (les Arcades du Cinquantenaire). Mais faute de temps et de budget, seule une structure temporaire en fer et en bois est installée.
Les années passent, les fonds publics manquent, et le projet s'enlise. Furieux de voir son chef-d'œuvre inachevé, Léopold II décide de financer personnellement la fin des travaux en utilisant sa fortune personnelle. Il écarte les plans d'origine et fait appel à l'architecte français Charles Girault (connu pour le Petit Palais à Paris). Ce dernier conçoit l'arche de pierre que nous connaissons aujourd'hui, finalement inaugurée en 1905 pour le 75e anniversaire du pays. Une vraie course contre la montre royale qui a marqué l'histoire de la capitale.
Secret 2 : Le scandaleux Pavillon des Passions Humaines
Niché dans un coin ombragé du parc se trouve un petit temple grec d'une élégance rare. Il s'agit du Pavillon des Passions Humaines, la toute première œuvre publique du célèbre architecte de l'Art Nouveau, Victor Horta.
À l'intérieur, le sculpteur Jef Lambeaux a réalisé un relief en marbre monumental représentant les plaisirs et les souffrances de l'humanité, un véritable chef-d'œuvre d'art sculptural. Mais à son inauguration en 1899, c'est le choc. Les corps dénudés, enlacés et tourmentés sont jugés d'une sensualité bien trop audacieuse et cyclopéenne pour la société conservatrice de l'époque. Face à la polémique, les autorités font murer l'entrée du pavillon. Cette incroyable galerie de pierre est restée quasiment fermée au public pendant plus de 115 ans. Aujourd'hui encore, elle ne s'ouvre que très rarement, conservant tout son mystère.
Secret 3 : Le chef-d’œuvre caché du Quadrige de bronze
Si vous levez les yeux au sommet des Arcades, vous apercevrez un majestueux attelage de chevaux : le Quadrige de bronze. Cette sculpture monumentale représente "le Brabant élevant le drapeau national", entouré de figures allégoriques.
Ce monument est le fruit d'une collaboration unique entre deux sculpteurs belges rivaux, Thomas Vinçotte et Jules Lagae, qui durent mettre de côté leurs différends pour achever cette œuvre à temps. Un autre détail d'importance : au pied des majestueuses colonnes doriques de l'hémicycle se trouvent huit autres statues. Elles représentent les huit autres provinces belges de l'époque, qui semblent monter la garde autour de l'arche centrale, formant une véritable galerie statuaire à ciel ouvert.
Secret 4 : L'Atelier de moulages : Le conservatoire secret des chefs-d’œuvre mondiaux
Saviez-vous que le Cinquantenaire abrite l'un des derniers ateliers de moulages actifs au monde ? Caché sous les toits du Musée Art & Histoire, cet atelier fondé au XIXe siècle possède une collection unique de plus de 5 000 moules anciens.
Ces moules en plâtre permettent de reproduire à l'identique, au millimètre près, des chefs-d'œuvre de la sculpture mondiale, de l'Antiquité romaine à la Renaissance de Michel-Ange. C’est ici, à l'abri des regards, que le musée conserve précieusement le moule officiel et original du célèbre Manneken-Pis. L'atelier continue aujourd'hui d'utiliser ces techniques ancestrales pour restaurer l'art et les collections des musées du monde entier.
Secret 5 : Le Belvédère secret et sa terrasse panoramique
Beaucoup de visiteurs admirent l'Arc de Triomphe d'en bas, mais saviez-vous qu'on peut monter tout en haut ? En entrant par le Musée royal de l'Armée, vous pouvez emprunter un ascenseur (et quelques marches) pour accéder au Belvédère des Arcades.
Depuis cette terrasse panoramique secrète située juste sous les sabots du Quadrige de bronze, vous profiterez d'une vue spectaculaire à 360 degrés sur tout Bruxelles. D'un côté, les jardins historiques du parc ; de l'autre, les immenses gratte-ciels en verre du Quartier Européen. C'est l'un des panoramas les plus spectaculaires et les moins connus de la ville, idéal pour prendre de la hauteur sur l'histoire de la capitale.
Les autres activités incontournables au cœur du parc
Une fois que vous aurez percé les secrets d'architecture du parc, prolongez votre journée en profitant de l'offre culturelle incroyable des lieux. Le Cinquantenaire abrite en effet trois musées exceptionnels où l'art et l'histoire se rencontrent :
Autoworld : Installé sous la splendide halle métallique de style Eiffel, ce musée retrace l'épopée de l'automobile avec plus de 250 véhicules mythiques, des premiers carrosses aux supercars modernes. C'est un véritable musée à ciel ouvert pour les passionnés de mécanique.
Le Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire : Impressionnant par sa taille, il abrite une immense galerie de l'aviation où de véritables avions de chasse historiques sont suspendus dans les airs, ainsi qu'une impressionnante collection de blindés.
Le Musée Art & Histoire : L'un des plus grands musées d'art d'Europe, idéal pour voyager à travers le temps, des mystérieuses momies égyptiennes à la galerie d'art précolombien.
Après toutes ces visites, faites comme les Bruxellois : profitez du calme du parc pour vous allonger sur les grandes pelouses pour un pique-nique improvisé, allez boire une bière belge bien fraîche à la Guinguette Maurice (en saison estivale) ou marchez 5 minutes jusqu'à la Place Jourdan pour déguster un cornet de frites légendaire à la Friterie Antoine.
Le meilleur moyen de découvrir Bruxelles et le Cinquantenaire
Opter pour le bus touristique Tootbus
Pour explorer Bruxelles en toute liberté et sans vous fatiguer les jambes, le bus touristique de Bruxelles est votre meilleur allié.
Notre circuit hop-on hop-off à Bruxelles dispose d'un arrêt idéalement situé juste à l'entrée du Parc du Cinquantenaire. Vous pouvez descendre du bus pour explorer chaque musée, vous promener dans le parc, admirer une galerie d'art, pique-niquer à l'ombre des arbres ou photographier les Arcades, puis remonter à bord dès que vous le souhaitez. Confortablement installé sur le pont supérieur ouvert de notre bus écologique, vous profiterez d'une vue imprenable à ciel ouvert sur les plus beaux monuments de la capitale pour une découverte de Bruxelles mémorable et sans stress.
Comment s'y rendre ?
Descendez à l'arrêt numéro 5 sur la ligne rouge.